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Paavo Järvi & Tonhalle-Orchester Zürich

Publié le vendredi 6 septembre 2019

Paavo Järvi signe pour Alpha son premier enregistrement à la tête du Tonhalle-Orchester Zürich.

© Alberto Venzago

Depuis la saison 2019/20, Paavo Järvi est Chef principal et Directeur musical du Tonhalle-Orchester Zürich. Leurs premiers concerts ont suscité une ferveur exceptionnelle et annoncent une collaboration plus que prometteuse. Ensemble ils ont enregistré un programme consacré à des pièces orchestrales composées par Olivier Messiaen, mêlant œuvres de jeunesse et compositions tardives.

L’album Messaien sort le 27 septembre au moment des concerts inauguraux de Paavo Järvi à Zürich le 2 octobre. Sa première saison sera consacrée à ses racines nordiques et démarre avec la Symphonie Kullervo de Sibelius, pour se poursuivre avec une intégrale des symphonies de Tchaïkovsky qui sortira chez Alpha en mars 2021 au moment de la réouverture après travaux de la Tonhalle, salle de concerts mythique et port d’attache de l’orchestre sur les bords du lac de Zürich.

A propos du programme Messiaen, Paavo Järvi a déclaré : « J’ai toujours beaucoup admiré la musique française, depuis mon plus jeune âge. Deux compositeurs occupent une place importante dans mon univers musical et dans mon répertoire : Dutilleux et Messiaen. Mais je considère Messiaen, même dans une perspective actuelle, après la deuxième école de Vienne, le sérialisme français et tout ce que nous avons pu entendre d’autre, comme une voix très originale et absolument unique en son genre. Il suffit d’écouter trois secondes d’une de ses œuvres pour avoir aussitôt la certitude que c’est du Messiaen. Son style est d’une clarté très reconnaissable. Je me suis dit que ce serait une bonne idée d’inaugurer ma collaboration avec le Tonhalle-Orchester Zürich par des compositeurs qui me tiennent à cœur, et Messiaen est sans nul doute l’un d’entre eux. (…) Si on écoute attentivement la musique de Messiaen, on remarque que l’harmonie ne cesse de se transformer, si bien que l’on ne peut jamais prévoir quelle note va suivre. Et pourtant, quand on a entendu une suite d’accords, on a le sentiment qu’il fallait qu’elle fût ainsi, qu’elle n’aurait pas pu être autrement. L’harmonie de Messiaen ne donne jamais l’effet d’une expérimentation arbitraire, elle produit un sens inéluctable. »*

Didier Martin, directeur du label Alpha, a déclaré à propos de cette nouvelle collaboration :
« nous sommes très heureux de poursuivre notre chemin avec Paavo Järvi, qui est l’un des grands chefs de notre époque. Lors de ses concerts à la tête du Tonhalle-Orchester en 2019 - notamment dans Mahler et aussi dans ces pièces de Messiaen- on a vite senti qu’une grande histoire était en train de naitre entre les musiciens et leur nouveau chef…. Quand Paavo Järvi, grand passionné de disques et à la tête d’une imposante discographie,  nous a annoncé qu’il souhaitait commencer ses enregistrements à Zürich par Messiaen puis Tchaikovsky, deux compositeurs qu’il n’a pas ou peu enregistrés, nous étions aux anges. »

Ilona Schmiel, directrice du Tonhalle-Orchester Zürich a quant à elle déclaré : 
« Grâce à ce premier enregistrement en coopération avec le label Alpha Classics, le Tonhalle-Orchester Zürich ouvre un nouveau chapitre important de son histoire. Le fait que Paavo Järvi se concentre sur les premières œuvres peu connues d’Olivier Messiaen peut paraître surprenant. Cependant, le résultat interpelle: il met en valeur sur de multiples niveaux les timbres et les couleurs de ces compositions. Et c’est certainement un présage de ce que nous attendons tous de cette coopération entre Paavo Järvi et le Tonhalle-Orchester Zürich. »

*Propos reccueillis par Ulrike Thiele (extraits du livret)

TIME & ETERNITY

Publié le mardi 6 août 2019

Patricia Kopatchinskaja
Camerata Bern

TIME & ETERNITY  

Nouvel album, sortie le 13 September 2019, Alpha Classics

Le nouvel enregistrement TIME & ETERNITY de la violoniste Patricia Kopatchinskaja propose une méditation intransigeante sur la condition humaine explorant 600 ans de musique.

Patricia Kopatchinskaja explique : « Cette musique est faite du sang et des larmes d’âmes torturées : étranglées dans un cri, voix bourdonnant dans le silence de la terreur, le bruit de la guerre dans une cadence improvisée… Il s’agit de nous, de notre passé et de notre avenir. Le programme s’articule autour du Concerto funèbre d’Hartmann. Le Polyptyque de Frank Martin, une pièce décrivant la passion divine et la misère endurée pour atteindre le salut éternel de l’humanité, lui est juxtaposé. Le Concerto funèbre peut lui aussi être compris comme une passion dans le sens le plus large du terme, comme une déclaration sur ce que les créatures, la création et le créateur ont souffert et souffrent encore. »
TIME & ETERNITY s’ouvre sur le Kol Nidre, prière juive inaugurant le Yom Kippour et lue ici par un représentant de la communauté juive. Elle est suivie par une pièce de John Zorn (né en 1953), contemplation musicale éponyme, réaffirmant le ton spirituel du programme.Le Concerto funèbre de Karl Amadeus Hartmann (1905-1963) est la pièce centrale de l’enregistrement. Composé en 1939 pour exprimer l’indignation et le désespoir que provoquaient en Hartmann la terreur nazie en Allemagne et les guerres de conquêtes contre la Tchécoslovaquie et la Pologne, il fallut cependant attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour que cette pièce soit donnée en Allemagne. Le concerto est encadré par deux prières lues par un prêtre catholique polonais et un prêtre russe orthodoxe, ainsi que par deux chants cités dans le concerto : le chant juif Eliyahu hanavi, exprimant l’espoir du salut, et le chant russe Immortal victims datant de la Révolution russe de 1905.
La pièce suivante, Polyptyque pour violon et deux petits orchestres à cordes de Frank Martin (1890-1974) a été commandée en 1973 par Yehudi Menuhin. L’œuvre est inspirée par six scènes de la Passion du Christ peintes vers 1308-1311, dans un style encore byzantin, par Duccio di Buoninsegna (1255-1319), au verso de sa Maestà et destinées au maître-autel de la cathédrale de Sienne. Un arrangement pour cordes du Kyrie de Guillaume de Machaut (env. 1300-1377) extrait de sa Messe de Nostre Dame (1360-1365) évoque la musique au temps de Buoninsegna. Des transcriptions pour orchestre à cordes de chorals de J.S. Bach sont intercalées entre les mouvements de Polyptyque comme « une invocation de la consolation éternelle » [Patricia Kopatchinskaja].
Le sinistre et puissant duo pour violon et percussion Crux du compositeur tchèque Luboš Fišer (1935-1999) représente la scène de la crucifixion, manquante à l’œuvre de Frank Martin, bien qu’ayant une position centrale dans la peinture de Buoninsegna. Fišer tira cette pièce de son Requiem, écrit en réaction aux répressions violentes des soviets lors du Printemps de Prague. Elle fut d’ailleurs créée dans cette ville par Gidon Kremer, en 1970, malgré la résistance politique toujours existante. Le disque se termine sur une transcription pour orchestre à cordes d’un choral de la Passion selon saint Jean, évoquant un appel plein d’espérance au salut éternel.

Ce disque est le premier enregistrement de Patricia Kopatchinskaja avec la Camerata Bern, dont elle est la directrice artistique depuis septembre 2018. Ce même programme a été joué pour la première fois lors d’un concert aux chandelles dans l’ancienne Eglise des Dominicains de Bern (Suisse) en septembre 2018.
 

Dans TIME & ETERNITY, Patricia Kopatchinskaja dirige l’ensemble tout en étant soliste. C’est son second projet conceptuel avec la Camerata Bern, le premier étant le concert-spectacle Krieg und Chips (Guerre et Chips) en février 2018, pour lequel elle était directrice invitée.

Date de sortie: 13 Septembre 2019