« Père de la Symphonie », « chantre de la Révolution » : ces deux qualificatifs ont suffi à désigner Gossec dès le début du XIXe siècle, coulant le moule d’une réputation dont les musicographes et musicologues du siècle suivant feront un véritable sarcophage. Pourtant, l’artiste s’est toujours intéressé à la scène lyrique, s’illustrant aussi bien dans le genre moderne de l’opéra comique que dans celui, plus traditionnel, de la tragédie en musique. Appelé à collaborer avec les plus grandes institutions de son temps, Gossec fit exécuter plus d’une vingtaine d’oeuvres aux fortunes très diverses mais qui, dans bien des cas, révèlent un dramaturge de premier plan. Ce corpus dénote une grande variété d’inspiration, dont les titres seuls témoignent de la diversité : des opéras comiques (Le Périgourdin, Le Tonnelier, Le Faux Lord, Les Pêcheurs, Toinon & Toinette, Le Double Déguisement), des actes isolés (Alexis & Daphné, Philémon & Baucis, La Fête de Village), des opéras de demi-caractère (Berthe et Rosine ou l’Épouse abandonnée), des ballets en collaboration avec Gardel et Noverre (Les Scythes enchaînés ajouté à Iphigénie en Tauride de Gluck, Les Petits Riens, Mirza), des intermèdes pour Athalie de Racine et, le moment venu, des opéras révolutionnaires (L’Offrande à la Liberté, Le Triomphe de la République). Mais ses deux tragédies lyriques, Sabinus (1773) et Thésée (1782), constituent incontestablement ses chefs-d’oeuvre dans le domaine lyrique. Avec une superbe distribution vocale et le talent de Guy Van Waas dans ce type de répertoire, cette tragédie de Gossec retrouve ici toute sa puissance théâtrale.

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