Suite à ses prestations dans Billy Budd de Michael Grandage et Hamlet de Brett Dean à Glyndebourne, encensées par la critique, le jeune baryton Jacques Imbrailo s’est fait une place de choix sur la scène internationale. Son premier récital solo pour Linn est consacré aux chansons de Sibelius et de Rachmaninov, dans lesquelles il est accompagné par son collègue de Prince Consort, Alisdair Hogarth. Parmi la sélection, In the silence of the mysterious night est l’une des chansons de Rachmaninov les plus appréciées et l’une des réalisations les plus achevées du compositeur dans le genre. Le mélodisme de Rachmaninov trouve son médium parfait dans le baryton lyrique d’Imbrailo, tandis que les accompagnements expressifs et extrêmement complexes sont réalisés à la perfection par Hogarth. Le sentimentalisme nordique que Sibelius insuffle dans ses chansons romantiques offre un contraste bienvenu à l’intensité de Rachmaninov. Var det en dröm? de Sibelius, tirée de l’opus 37, était considérée par le compositeur comme sa plus belle chanson. Le duo communique parfaitement les passions et angoisses de l’amour perdu d’un poète ; le programme s’achève sur une dernière note d’Imbrailo d’une intensité inouïe.