C’est à Prague et Brno, les deux plus grandes villes de Tchéquie, qu’ont lancé leurs carrières de compositeurs Antonín Dvořák et Leoš Janáček – principaux représentants de l’école nationale tchèque du XIXe siècle, avec Bedřich Smetana. Si Janáček, de treize ans le cadet de Dvořák, voyait en ce dernier une figure de père, les deux hommes partageaient également la même âme slave et poétique. Leoš Janáček dira d’ailleurs, parlant de Dvořák : « Je pourrais échanger sa personnalité contre son oeuvre, c’est comme si ses mélodies sortaient tout droit de mon coeur. Rien ne pourra jamais briser un tel lien. »

Dans son quatrième opus solo chez Fuga Libera, Jan Michiels nous propose ici la mise en perspective de cette conscience et musicalité slave, à travers une relation presque filiale entre les deux compositeurs, entrelaçant par exemple les pièces de deux cycles éminemment lyriques : Impressions poétiques, op. 85 (1889) d’Antonín Dvořák, et Sur un sentier recouvert, JW VIII/17 (1900-1911) de Leoš Janáček.