Julian Prégardien a décidé d’enregistrer le cycle des Dichterliebe après avoir découvert la nouvelle édition de Bärenreiter et exploré la pièce en concerts avec son complice Eric Le Sage, en intercalant d’autres œuvres de Robert et aussi de Clara Schumann, dont on célèbre en 2019 le bicentenaire : elle jouait les Dichterliebe dans les années 1860 et glissait au milieu du cycle des extraits des Kreisleriana. Eric Le Sage a enregistré ces mêmes extraits (sur un piano Blüthner de 1856, année de la mort du compositeur), ainsi que des Romances composées par Robert et Clara, à l’époque où leur mariage était encore très incertain. Au programme également la sublime ballade Löwenbraut autre illustration des angoisses de Robert de voir Clara partir. Julian a tenu à inviter Sandrine Piau à venir chanter trois duos, un simple Canon composé par Clara et deux duos de Robert, Wenn ich ein Vöglein wär et le sublime In der Nacht. Quatre autres Lieder complètent le disque : Sängers Trost, une courte pièce dans le style belcanto, Kurzes Erwachen, écrit par Robert à l’âge de 18 ans, Aus den hebräischen Gesängen, œuvre très déprimée, extraite de Myrthen, cadeau de mariage à Clara et Mein Wagen rollet langsam, un Lied qui était dans la première version des Dichterliebe.

Les Dichterliebe auraient pu illustrer le triomphe de Schumann en cette année 1840 où il peut enfin épouser Clara ; pourtant ils se caractérisent par une ironie amère, la nostalgie (Sehnsucht) et la peur…

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