Alexandre Bloch met ici en regard deux compositeurs français. Tout d’abord, Maurice Ravel, avec sa Rapsodie espagnole, première œuvre majeure pour orchestre seul composée à l’âge de 32 ans, et La Valse, créée 13 ans plus tard et qu’il décrit lui- même comme un « tourbillon fantastique et fatal ». Et ensuite Benjamin Attahir, né à Toulouse en 1989, l’un des compositeurs les plus doués et les plus en vue de la nouvelle génération. Commande de l’Orchestre National de Lille et enregistré ici pour la première fois, ce concerto pour serpent met en valeur ce magnifique instrument à vent grave, de la famille des cuivres bien qu’il soit en bois recouvert de cuir. « Adh Dhohr fait partie d’un cycle que j’ai souhaité entreprendre autour du Salah ou rythme de l’ordinaire musulman, dit Benjamin Attahir. C’est la prière du midi, quand le soleil est à son zénith (...) la forme musicale est construite autour de ce moment ‘zénithal’ et se déploie autour de manière concentrique. (...) j’ai voulu – à l’instar des musiques orientales – revenir à la monodie la plus stricte, projet assez singulier dans le domaine concertant. Une seule et même voix que se partagent soliste et orchestre. »