Ludwig van Beethoven n’a que vingt ans lorsqu’il rencontre Joseph Haydn en 1790. Deux ans plus tard, le jeune compositeur rejoint alors les nombreux élèves du maître viennois mais, lassé de l’indisponibilité de son professeur et heurté par ses critiques, il ne tardera pas à interrompre les cours, déclarant amèrement quelques années plus tard : « je n’ai jamais rien appris de Haydn ». C’est cette distance, cette différence de style et d’ambition entre Beethoven et son ancien maître, que l’on peut entendre dans ce nouvel enregistrement d’Olivier Cavé, pianiste suisse maintes fois récompensé et invité régulier des plus grands festivals. Alors que la Sonate Hob. XVI:32 (1776) de Haydn se veut classique mais animée, la Hob. XVI:48, composée seulement quatre ans plus tard, est assagie, plus académique. Beethoven, lui, cherche à rompre avec ce classicisme, s’autorisant davantage d’expression et remplaçant dans sa Sonate n° 2 le traditionnel menuet du troisième mouvement par un scherzo, témoignage de son esprit révolutionnaire.

ffff Télérama award