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Avec la participation de : Catherine Girard, Valérie Balssa, Emmanuel Balssa

Mr. RAMEAU : Premier livre(1706) / Pièces de clavecin (1724) / Nouvelles suites de pièces de clavecin (1728) / La Dauphine (1747) / Pièces de clavecin en concerts (1741)


Le Monde - Dimanche 4 Lundi 5 Novembre 2001 - Renaud Machart « Ces neveux indignes qui revisitent l'œuvre de Rameau. » Les jeunes musiciens Blandine Rannou et Alexandre Tharaud publient deux disques passionnants consacrés à l'œuvre pour clavier du compositeur français. La première se permet, au clavecin, de doubler de lenteur le tempo de certaines pièces, tandis que le second s'approprie au piano ce répertoire des clavecinistes. Une respiration large : ... Et elle y parvient : d'un calme royal, elle articule non seulement les détails mais aussi les grandes lignes de cette musique, simule l'orchestre, le chant. Elle est plus « zen », mais parfois plus intense que Christophe Rousset (Decca), plus souple que Scott Ross(Stil), moins impulsive que Noëlle Spieth (Solstice). Sa respiration est large sans que les tempos paraissent outrés. Positions de Blandine Rannou par rapport à l'interprétation baroque : « Je fais partie de ceux qui pensent qu'une musique implique un style, un type de jeu et d'instrument. Il faut se méfier de la tentative de certains de vouloir rallier un répertoire parce qu'il « marche » et qu'il est à la mode.... Aujourd'hui, le danger, dans les départements de musique ancienne, est de faire de la vulgarisation sans approfondir. » Sur le disque au piano d'Alexandre Tharaud : C'est un très beau disque. Son approche est honnête et informée et il y a une atmosphère magnifique. Il me donne l'impression d'être dans un monde qui m'est familier. Ce qui me manque, sans que cela soit lié au jeu particulier d'Alexandre, mais inhérent à la nature sonore du piano, c'est l'absence de certaines couleurs instrumentales sous-jacentes. Au clavecin, on peut évoquer un duo de bassons, comme on en trouve dans les pages instrumentales des opéras de Rameau, tandis qu'au piano le son « royal » de l'instrument gomme ces possibilités et bloque mon imagination. Enfin, ce qui me manque, et c'est purement sensoriel, ce sont ce que j'appelle les consonnes de l'articulation que le déclic de la corde pincée induit naturellement. Libération Juin 2001 - Eric Dahan Rameau luxuriant : ... « tous ceux qui associent la musique baroque, et le clavecin en particulier, à une bousculade de notes aigrelettes et pressées vont prendre une claque énorme en découvrant le Rameau de Blandine Rannou... Ce rameau solaire, fabuleusement capté par Franck Jaffrès, est une leçon de profondeur et d'équilibre. Une mosaïque de couleurs assemblées avec la précision d'un tableau de maître. 10 de Répertoire - Blandine Rannou un Rameau autrement - Mai 2001 « Un Rameau révolutionnaire » ... un coffret qui fera aimer le clavecin à tous les mélomanes. Si le vœu de Rameau est bien de « cacher l'art par l'art même » c'est aussi la préoccupation de Blandine Rannou et Franck Jaffrès, metteur en scène du geste musical, qui livrent ainsi un projet d'une exceptionnelle maturité musicale et d'une étonnante cohérence. On suppose déjà que telle Allemande alanguie ou telle Courante confortable irriteront les puristes attentifs aux seuls caractères de la danse ; pour ma part j'y sens plutôt la manifestation d'un génie interprétatif de notre temps qui rend compte de la riche ambiguïté d'un langage éminemment théâtral dépassant les conventions qui souvent corsettent l'art français du XVIIIe siècle. ... Souvent les nouveaux interprètes préfèrent polir une ressemblance avec leur maître plutôt que laisser parler leur voix. Réjouissons-nous donc que la longue mais discrète expérience de la jeune musicienne apporte tant de maturité à sa vision des Pièces. ... Magie d'une technique tour à tour vertigineuse et ductile, tête bien faite et sens du discours : si vous n'aimez pas le clavecin, ce coffret pourrait vous faire changer d'avis... Sur les pièces en concerts : Une miraculeuse fusion des timbres rend pleinement justice à l'aspect impressionniste de ces œuvres et réalise enfin le délicat équilibre entre expérimentation concertante et prolongement de la sonorité du clavecin. Son : exceptionnel. Définition excellente et généreux développement sonore dans l'acoustique. Notice : à la fois surprenante par son aspect littéraire et poétique original, et d'une grande richesse sur la réception de l'art du compositeur au cours du temps. Philippe Ramin Recommandé par Classica Mai 2001 Pièces historiques ... Blandine Rannou, d'ordinaire discrètement cachée derrière son continuo du Seminario Musicale, entre ici dans l'histoire. Loin de la fougue de Ross, de la nonchalance de Pinnock, de l'excitation de rythmique de Spieth, elle parvient à nous faire découvrir un nouveau Rameau....c'est la véritable intelligence de la phrase qui nous émeut. Le doigté est souple, la conduite, sans temps mort, et le choix judicieux de couleurs spécifiques à chaque recueil... Grâce à une prise de son d'un naturel confondant et à une présentation d'une rare intelligence, le jeune label Zig-Zag Territoires nous offre, comme à son habitude, la quintessence d'un remarquable travail éditorial. Chapeau ! Stéphan Perreau ffff Télérama - 25 avril 2001 ... le clacissisme, la rigueur et la hauteur de son inspiration solaire n'en finissent pas de nous questionner et de fasciner des générations d'interprètes... En témoigne cette poignée de jeunes musiciens inconnus, réunis autour de Blandine Rannou et qui, poussés par une petite maison de disques sans gros moyen (Zig-Zag), ont osé se lancer dans une intégrale des pièces de clavecin seul et en concerts. ...l'interprète, qui est une élève de Bob van Asperen et de Gustav Leonhardt, semble chercher une unité secrète dans ces pièces disparates, une communauté d'esprit réunissant ces danses élégantes (allemande, courante, gigue et autres sarabandes, véritable fonds de commerce du clavecin français) et ces morceaux de caractère. Leur virtuosité (Les Trois Mains), leur puissance jubilatoire (L'Enharmonique), leur jaillissement presque improvisé (La Dauphine) portent le sceau du génie. Blandine Rannou privilégie la netteté du discours, sa virilité et sa puissance imaginative. Voilà une approche « ramiste » par excellence qui illustre bien la conception qu'avait de la musique l'autère Dijonnais : un subtil compromis entre science et art, entre retenue et abandon, entre le jeu de l'émotion et les plaisirs de la raison. Xavier Lacavalerie. Deux Cœurs Le Nouvel Observatoire - 26 Mars 2001 «Depuis l'enregistrement magistral de Scott Ross (Stil), il faut avoir beaucoup d'aplomb pour s'attaquer au clavecin de Rameau. Blandine Rannou n'a pas d'aplomb. Mais elle a mille autres qualités : elle est rêveuse, mélancolique, elle prend son temps, dit ce qu'elle veut avec modestie mais fermeté. Dès le tout premier prélude, on sait qu'on s'engage avec elle sur un chemin peu frayé, celui de la grâce et du naturel. C'est le sien. Puisse-t-elle y faire un long voyage ! Jacques Drillon L'événement du mois - 5 diapasons - Mai 2001 « Les plaisirs de Blandine » Par la grâce d'une interprète téméraire et sensible, cette nouvelle intégrale du clavier de Rameau fera date. ...le texte est sondé avec une acuité et une technique infaillibles ; la richesse du phrasé et des inégalités, la densité motrice de la main gauche et la souplesse des ornements préservent des tempos généralement modérés de la pesanteur aussi bien que du narcissisme. Une miraculeuse Allemande 1724 est ainsi suspendue avec la grâce du funambule. L'air moite des Soupirs vient préparer nos sens à l'extrême langueur des Muses - improbable et sublime. ... Très personnelle, d'une partialité aboutie, cette intégrale culmine dans le livre de 1741. Blandine Rannou oublie enfin Rameau théoricien pour dialoguer avec la flûte de Valérie Balssa (inoubliable Cupis, à la fois frêle et abyssale), le violon de Catherine Girard et la viole d'Emmanuel Balssa. Les nouveaux venus (et l'ingénieur du son) font sentir mieux que leurs glorieux aînés la structure inédite de ses « Concerts » : la ligne des solos de clavier est discrètement ombrée par ses partenaires - et non le contraire. Judicieux complément des trois suites, ces Pièces en concerts dominent très nettement la discographie. Considérées isolément, elles mériteraient amplement un diapason d'or. Gaetan Naulleau Interview de Blandine Rannou par Philippe Ramin - Répertoire Mai 2001 Rameau, salonnard gracieux ? ... Je cherche à captiver l'auditeur : le « ravir » est plus important que la recherche du ravissant ! Si je risque des tempos parfois lents que de coutume c'st aussi pour provoquer l'attention de l'auditeur, amener son abandon à l'expression intense de Rameau. C'est plutôt la rencontre avec le monde sonore de Franck Jaffrès qui a déclenché l'envie de graver ce répertoire dans les conditions les plus favorables. ... En fait c'est l'objet même de ma démarche en tant qu'instrumentiste : je travaille beaucoup sur le son pour que ça ne sonne pas... comme du clavecin ! Le jeu de l'archet, la colonne d'air, le soutien sont familiers et naturels aux autres instruments. Au clavecin on doit imaginer et chercher des équivalences à ces notions. Le moment de l'appui n'a pas beaucoup d'intérêt, mais tout ce qui suit devient passionnant. On s'arrête souvent à quelques poncifs concernant cet instrument : peu de volume sonore, pas de nuances. Il faut pouvoir se débrouiller autrement, trouver une hiérarchie entre les notes, la manière de lâcher le son pour mettre en valeur la note suivante... Tout cela vise à établir une connexion entre les notes, un discours à base de voyelles et de consonnes pordut par des microarticulations et des infimes silences entre les notes. Le choix de l'instrument et le son ...Je reconnais qu'il est très émouvant de poser ses doigts sur un clavier authentique, mais il y a trop d'inconnues quant au choix. Les clavecins de l'époque n'étaient pas anciens quand on les jouait, les propriétés physiques du bois et donc le son étaient très différents. D'autre part on a besoin de confort et de stabilité pour un enregistrement. ... Nous avons donc fait appel à deux clavecins de Marc Ducornet, la copie du Ruckers de Colmar et une copie de Hemsch. L'accord des instruments est particulièrement important : le tempérament fait partie intégrante de la construction sonore... Nous avons modifié l'accord en fonction des suites, en partant d'une base largement mésotonique. Pour le Premier Livre, le Ruckers possède une équilibre entre basses et dessus. Le chant n'a pas encore besoin d'être porté, ramassé par la basse pour en garder le caractère horizontal. Par la suite, les basses plus larges du Hemsch libèrent le chant et mettent en valeur son double aspect mélodique et harmonique. J'essaie toujours d'avoir une conception musicale qui parte de la basse, puisque le clavecin est fondamentalement un instrument de basse aussi bien dans son rôle d'accompagnateur que dans la structure du développement harminique du son dans les pièces solistes. Cela va à l'encontre des poncifs sur l'instrument : le clavecin, et instrument aigu et aigrelet... ... Par conviction je veux que mon écoute devant le clavier soit la même que celle de l'auditeur situé à deux ou trois mètres de distance. J'imagine le parcours du son, sa projection de manière très visuelle. Cela me paraît constituer l'essence même du travail à accomplir sur les instruments anciens auxquels on a pu reprocher une certain manque de puissance. Il est important de récréer les caractéristiques de projection naturelle de ces instruments, basées sur la concentration du timbre... Le plaisir de travailler avec un preneur de son qui partage les mêmes conceptions musicales s'est retrouvé au montage, étape qui doit rendre compte de ces subtilités. Les ornements Pour moi les ornements ne se distinguent pas des notes réelles. Je n'aime pas entendre d'un côté un son d'ornement, et de l'autre un son de notes réelles. Je cherche une qualité de son, une définition voulue des notes d'un « tremblement » ou d'un « pincé » ; ainsi mon ornement deveint du son de clavecin, et non la copie systématique de l'ornement du chanteur ou du violoniste. EN tout cas l'ornement n'est certaienement pas là pour faire durer le son ou pour figurer une décessité stylisteque plaquée à la ligne musicale ; c'est une modulation particulière, une vibration expressive qui va dans le sens des résonances de l'instrument. J'ai bien sûr ajouté des ornements non prémédités ! Au fur et à mesure de l'enregistrement je me suis permis de laisser aller les doigts avec cette idée du clavecin-continuo en liberté. ... On doit bien sûr connaître ce contexte très riche, en nourrir son jeu, mais celui-ci doit en fin de compte viser à un certain naturel ; à un mode d'expression plus imaginatif dans lequel on ne devrait plus sentir les modèles imposés. Entretien recueilli par Philippe Ramin.