Plus que celle d’aucun de ses contemporains, l’oeuvre de Johannes Ockeghem est considérée comme l’aboutissement de toute l’évolution des structures polyphoniques du Moyen Âge. Sans être quantitativement importante, elle n’en est pas moins la plus accomplie sur le plan de la pensée créatrice. Certaines des messes du compositeur, qui se montre un maître incontesté de la matière musicale, sont construites sur la base de réflexions sur l’art de la composition. C’est le cas de la Missa Mi-mi, dont le titre s’explique par la présente en motif de tête à la basse des notes mi-la, qui, dans le système de solmisation pratiqué à l’époque, peuvent se lire mi-mi. Avec un proprium grégorien, elle est ici intégrée dans un office du Jeudi saint.