A ceux qui veulent l’écouter, Thierry Pécou dit le monde, son étendue, sa beauté, son chaos aussi, avec la souffrance des hommes et leurs mémoires mutilées. La transe du candomblé bahianais, la suavité mélodique mozartienne, l’artisanat virtuose de l’orchestration, l’archéologie musicale précolombienne: toutes ces différences s’entremêlent sans se perdre dans le Tout-monde que Thierry Pécou nous donne à entendre.

Avec les virtuoses de son Ensemble Variances, il nous entraine dans son Tout-monde, selon la belle expression de l’écrivain martiniquais Edouard Glissant, cultivant ses relations à l’autre ou à l’ailleurs, sans se diluer soi-même. C’est tout le sens de l’hommage qu’il rend à Henri Dutilleux dans Les liaisons magnétiques, au Mexique précolombien avec Soleil-Feu, ou à la philosophie vitaliste de Gilles Deleuze qui est l’arrière plan des Machines désirantes. Il visite les gamelans indonésiens dans son Sextuor, sans oublier un détour festif et sensuel par les îles de la Caraïbe avec Salsa d’Elissa et Dominica Reggae.

5 Diapason award