« Le clavecin est parfait quant à son étendue, et brillant par lui même ; mais, comme on ne peut enfler ny diminuer ses sons, je sçaurais toujours gré à ceux qui, par un art infini soutenu par le goût, pourront arriver à rendre cet instrument susceptible d’expression.»
Pourquoi est-il difficile de jouer la musique de François Couperin alors qu’elle semble si simple au premier coup d’œil ? En nous livrant, dans son Art de toucher le clavecin, de précieuses informations sur l’interprétation de sa musique (et plus généralement sur l’interprétation de la musique française de son époque), Couperin apporte des éléments de réponse nécessaires à l’interprète actuel qui cherche avant tout à respecter les intentions du compositeur. Cependant, la crainte de ne pas outrepasser les indications données par ce dernier et une trop grande attention portée à chaque détail peuvent opprimer le souffle et éloigner du propos des œuvres. (…) Sa musique est d’une interprétation, comme la langue française, faite de règles mais aussi de nombreuses exceptions. Les grammaires et les dictionnaires contemporains nous donnent pour tout cela des réponses complètes, arrêtées, infaillibles. Il en était bien autrement à l’époque…. Olivier Fortin & François Couperin