ATTENTION: Ce coffret ne peut être livré que dans les régions suivantes: Etats-Unis, Europe et bassin méditerranéen.

Attention, ce trio là ne ressemble à aucun autre. Le format est d’abord tout à fait inhabituel. Deux saxophones et un piano. Justement ces trois musiciens n’aiment rien tant que la prise de risque et la liberté. Lee Konitz, l’ancien (1927), saxophoniste alto (et ici aussi au soprano et de fort belle manière) tout récemment honoré par l’Académie Charles Cros « pour l’ensemble de sa carrière »; et deux quasi-contemporains, Dave Liebman (1945) saxophoniste soprano et ténor et Richie Beirach (1947) piano. Les «jeunes » ont du respect. Ils ont composé « Knowing Lee » qui donne son nom à l’album. Tous trois partagent en effet les mêmes valeurs, rigueur et spontanéité. Celles-là même que professait un de leurs maîtres spirituels Lennie Tristano. Ce n’est pas un hasard s’ils ont baptisé les deux compositions écrites à six mains, « Trinity » et « Don’t tell me what key ». Autrement dit, on peut se lancer à l’aventure sans guide. On sait où l’on va. Cette rencontre en studio en ce printemps 2010 marque aussi l’aboutissement naturel, oserions-nous dire, de leur parcours artistique. Richie Beirach par exemple accompagnait déjà Konitz à la fin des années 60 avant de rejoindre Liebman pour former - avec Eddie Gomez, basse, et Billy Hart, batterie- le groupe Quest, spécialiste hors pair de l’improvisation collective. Ces petites formations, là où chacun des interprètes dispose d’espace, ont toujours eu la faveur de nos trois comparses. Ils s’en donnent ici à coeur joie. Quitte même pour les deux saxophonistes à se lancer des défis –avec urbanité, cela va sans dire mais sans piano- sur le même instrument (le soprano) dans « Alone together » une des perles de l’album. Tout au long de cette heure divine, Lee, Dave et Richie prennent de l’altitude. Sur les sommets, qui l’ignore, l’air est plus rare… et plus pur.

Choc Jazzman award