Plus de 100 ans après l’Inventione et usu musicae (c. 1481) de Johannes Tinctoris et la visite des fameux luthistes Conrad Paumann et Pietrobono de Burzellis, la ville de Naples restait un important centre de musique instrumentale, spécialement réputée pour ses luthistes. La liste dressée en 1601 par Scipione Cerreto des « remarquables joueurs de luth de la cité de Naples » incluait 15 joueurs, dont quatre laissèrent des pièces pour le luth. Après que Francesco da Milano eut visité la ville en 1536 pour y imprimer son livre de luth, la figure principale à émerger de la génération suivante fut l’énigmatique chevalier Fabrizio Dentice (né vers 1540), un luthiste de haut vol d’une « estime de soi excessive » mais « d’une facilité prodigieuse ». Avec ses compatriotes napolitains Giulio Severino et Francesco Cardone, il produisit un style unique, bien loin de celui de l’Italie centrale et du nord. Deux grands manuscrits pour luth qui témoignent du style sophistiqué et de la densité unique du jeu de luth de cette belle cité du sud – inconu de nos oreilles jusqu’ici – ont récemment été redécouverts.