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Joachim Kühn aurait pu suivre un parcours des plus classiques. N’était-ce la fièvre du jazz, contractée auprès de son frère aîné, Rolf, clarinettiste, qui fit bifurquer le pianiste allemand dès son adolescence. Quittant sa ville natale, Leipzig, alors en RDA, et le joug culturel du bloc communiste, le fan de Bach débarque à Paris en 1968 en pleine vague du free jazz. La rencontre de Don Cherry, Aldo Romano, Gato Barbieri, Archie Shepp, Roswell Rudd s’avère déterminante. « L’esprit du jazz, confie-t-il, c’est la révolte, la liberté ». Une attitude qui va constituer le fil rouge de toute sa carrière. Dans toutes les configurations, avec une prédilection pour les petites formations, Joachim Kühn fait entendre sa voix indépendante. Dépassant les frontières, l’interprète-compositeur alterne un duo avec Ornette Coleman, la rencontre du jeune pianiste classique Michael Wollny, un trio de tendance méditerranéenne au côté de Ramon Lopez et Majid Bekkas. L’esprit à l’évidence ouvert mais intransigeant sur le point capital, le son. Une obsession qui le conduit à adopter son propre modèle musical « le système diminué augmenté » pour apporter sa signature à ses œuvres. Ainsi, Joachim Kühn peut-il laisser parler un lyrisme puissant, la marque de son style. Il n’est pas de meilleure occasion pour s’en imprégner qu’à l’écoute de ses solos. Dans « Free Ibiza », le héros du free jazz européen exprime, avec ses propres compositions, ces qualités qui se manifestaient dès son premier album en solitaire, en 1971. Romantique, fougueux, introspectif, démonstratif, Joachim Kühn atteint une certaine forme de sérénité. « Son » Ibiza, ce n’est pas celui des DJ’s et de l’inflation des décibels. En s’installant dans l’île des Baléares, paradis des fêtes à tue-tête, le natif de Leipzig a conservé intacte son exigence artistique. Et ce n’est pas un hasard s’il donne un petit clin d’œil à la musique locale dans le morceau clôturant l’album, « Moment of Happiness ». Un titre révélateur de cette plénitude qui habite Joachim Kühn tout au long de ce « Free Ibiza ».

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