Aucune autre oeuvre de Johann Sebastian Bach n’est entourée d’une aura de mystère et de secret comme l’est L’Art de la Fugue.
Les légendes qui l’accompagnent n’ont certes pas empêché l’accès au monumental cycle des fugues, mais elles ont sensiblement gêné une reconnaissance exempte de préjugés de l’envergure artistique de Bach. La masse de littérature secondaire est devenue presque impénétrable au fil des générations, et le bon grain des recherches sérieuses, scientifiquement fondées et vérifiables peut être difficilement séparé de l’ivraie proliférante des hypothèses et des spéculations erronées, même par les spécialistes.
Léon Berben présente son interprétation toute personnelle de ce chef-d'oeuvre. Pour lui, L'Art de la Fugue n'est pas un exercice théorique ou mathématique, mais de la musique vivante avec toutes les émotions et affects que la musique rhétorique nous réserve. Le choix de l'instrument ne s'est pas fait par hasard : l'orgue Wagner (1744) d'Angermünde, avec ses voix caractéristiques dans une acoustique bien précise, permet de serrer le contrepoint au plus près. L'interprétation de Léon Berben se caractérise par sa rigueur de la lecture du texte (respect des indications de tempo originales, par exemple) et son jeu plein de brio. Il s'agit sans nul doute d'un jalon de référence dans l'histoire de l'enregistrement de cette oeuvre.

5 Diapason award