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L'OPUS 50

«Je vous le dis, devant Dieu, en honnête homme, votre  fils est le plus grand compositeur que je connaisse…».  Tels sont les propos que Haydn aurait tenus à Léopold  Mozart après avoir reçu les six Quatuors que  Wolfgang lui a dédiés. Rien ne permet de mettre en  doute la sincérité de Haydn: il a vraiment aimé Mozart,  comme personne et comme musicien, et chaque  fois que ce sera possible il assistera aux créations  nouvelles de son cadet. Le lien entre les deux  hommes est un cas unique dans l’histoire. Haydn  est le plus grand compositeur vivant que Mozart  ait jamais rencontré, et réciproquement, même si  Mozart est un peu plus ambigu, n’étant pas étranger  à la légende du «papa Haydn» qui devait faire  tant de mal à la postérité de son aîné. 

Il n’empêche, la rencontre de Mozart est pour Haydn  la cause d’une profonde remise en question ainsi  que nous dirions aujourd’hui. Désormais le maître  d’Esterhaz ne composera plus de concerto de piano  – ce n’était déjà pas son domaine – ni d’opéra, ce  qu’il avait auparavant largement pratiqué, ni ne  tentera l’aventure du quintette à cordes, tous genres  où précisément Mozart excelle. Mais le quatuor  à cordes est une autre affaire : c’est son genre de  prédilection, la forme la plus riche et la plus élaborée  qu’il a, sinon créé, du moins définie pour la  postérité. Pour ne parler que des quatuors structurés  en quatre mouvements, Haydn a déjà livré quatre  recueils, soit vingt-quatre quatuors, au moment  où Mozart lui offre les siens. Il est symptomatique  que Haydn ait publié coup sur coup trois nouvelles  séries de six quatuors après avoir reçu l’offrande  de Mozart, entre 1787 et 1790. Or, dans ces  nouvelles séries, Haydn reste lui-même et atteint  la maîtrise suprême auquel le genre pouvait prétendre  en 1790. Aussi l’opus 50 constitue musicalement  un point stratégique dans la longue histoire  du quatuor haydnien. 

Avec la présente publication, le QUATUOR FESTETICS  dépasse la moitié du projet d’enregistrement  intégral des Quatuors authentifiés par le compositeur  pour la grande édition Artaria. Trente-trois  des cinquante-huit quatuors retenus sont en effet  désormais disponibles. 

A mesure que se précisent les contours de ce vaste  projet, le plus développé du catalogue ARCANA, le  QUATUOR FESTETICS s’impose comme l’interprète  idéal et comme l’un des quatuors les plus éminents  de notre temps. L’approche des sources, les  principes d’exécution, l’unité d’école instrumentale  et l’homogénéité de l’ensemble déterminent  une approche idiomatique hautement élaborée.  Mais ce qui fascine le plus est l’intensité émotionnelle  magique des mouvements lents et la verdeur  flexible, l’enthousiasme des sections rapides. Par  comparaison, une interprétation conventionnelle  semble désormais mal dégrossie et quelque peu éléphantesque:  quel est aujourd’hui le quatuor jouant  sur des instruments modernisés qui puisse rivaliser  avec les FESTETICS sur le plan de la virtuosité, de la  précision de l’ensemble et de la justesse?

MICHEL BERNSTEIN