• Jacob Obrecht, Pierre de la Rue, Josquin Desprez

    Bellum et Pax

    Capilla Flamenca, Oltremontano, Psallentes

    Bellum et Pax 1 cd EUF1372

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Depuis l'Antiquité, la guerre et la paix s'accompagnent de musique. La musique était bien entendu présente sur le champ de bataille - sonneries de trompette comme signal de rassemblement ou d'attaque, roulements de tambour pour recruter ou faire marcher les soldats, chansons guerrières pour épouvanter l'ennemi ou remonter le moral de ses propres troupes; après les hostilités, la paix était célébrée par des chansons et des danses dans les rues. Les évocations musicales de la violence guerrière et des mêlées offraient aux compositeurs une excellente occasion d'étaler leur savoir-faire musical.

De nombreuses compositions ne sont pas une évocation des événements en temps de guerre, mais une réaction à ceux-ci. Des oeuvres avec une connotation politique claire étaient souvent composées autour d'une mélodie existante - un cantus firmus - qui évoquait une association directe avec la guerre ou la paix. Il est remarquable de relever la prédilection des compositeurs au cours des siècles pour la chanson L'homme armé et le répons Da pacem : ils font partie des cantus firmus les plus utilisés de l'histoire de la musique. Entre 1433 environ et la fin du XVIIe siècle, la chanson L'homme armé a été le fondement musical d'une cinquantaine de messes et autres compositions - entre autres d'Obrecht, Josquin, Brumel, Compère, La Rue, Senfl, Morales et Palestrina. L'origine de la mélodie n'est pas claire : il pourrait s'agir d'une chanson populaire, d'une chanson composée, ou du ténor d'un chant à plusieurs voix.

Le fait que de nombreux compositeurs aient choisi L'homme armé comme base d'une messe devient ainsi un peu plus facile à expliquer. Certains rituels liturgiques peuvent y avoir contribué également : on connaît ainsi des cérémonies auxquelles un hommé armé était présent lors de la messe, ou pendant laquelle une épée consacrée était offerte à un souverain. Le prêtre chrétien avec sa tenue cérémonielle -le symbole d'une armure - peut également passer pour 'l'homme armé'.
Certains polyphonistes étaient tellement fascinés par la mélodie qu'ils y ont basé plusieurs compositions de messe.

Le répons Da pacem est lui aussi intégré souvent de façon audible dans le tissu polyphonique comme un cantus firmus. Environ 150 à 200 compositions font usage du texte et/ou de la musique de ce répons.

Dans les mains des maîtres de la polyphonie, la guerre dans sa réalisation sonore devient un donné maîtrisable, un mal qui peut être conjuré, et la paix un bienfait tangible que le peuple peut garder et chérir.

 

 

5 Diapason award