Ce diptyque haendélien voulu par le metteur en scène Pierre Audi, a été conçu avec une grande épure jusque dans le style des costumes, des décors et d’une somptueuse lumière en clair obscur. Pour restituer au mieux cette esthétique qui rappelle les tableaux de la Renaissance, ces programmes filmés en haute définition, sont édités en BLU-RAY uniquement. Christophe Rousset et son orchestre délivrent une ferveur hors du commun dans cette musique servie par les plus belles voix haendeliennes imaginables, au premier rang desquelles Sandrine Piau, qui a connu un véritable triomphe lors des représentations. Sans oublier la performance dramatique de Jeremy Ovenden dans Tamerlano, la beauté des voix d’Ann Halenberg, Sophie Karthaüzer, Delphine Galou ou du contreténor Christophe Dumaux.

Sans doute Tamerlano, par l’audace d’une trame très serrée, un orchestre réduit, élevé à un rôle de moteur dramatique, par des formes et des structures innovantes, et surtout par la figure du père Bajazet qui plane sur l’oeuvre comme un implacable oiseau de mauvais augure… se situe-t-il parmi les chef d’oeuvres incontestables de notre divin Saxon (…) Avec Alcina, Haendel nous livre une de ses partitions les plus achevées dramatiquement, où chaque personnage suit une trajectoire toute à lui, et où les différents «états » de l’amour sont délicatement abordés.

Christophe Rousset