En 1724, Sébastien de Brossard a salué Jean-Baptiste Drouard de Bousset comme étant « incontestablement le meilleur de nos auteurs-compositeurs ». Si au début du XVIIIè siècle, le Maître de musique de l’Académie française s’impose comme le chef de file indiscutable du genre, ses 875 airs sérieux, aujourd’hui trop méconnus, méritent d’être remis en lumière. C’est la volonté d’Elizabeth Dobbin et de son ensemble Le Jardin Secret, qui restituent avec justesse et intelligence artistique « le chant noble, agréable et naturel » des airs du compositeur décrit par Titon du Tillet dans son Parnasse françois (1732). À l’image des traditions du XVII et XVIIIèmes siècles, les musiciens ont inclus dans leur interprétation de ces airs des passages improvisés, et choisissent notamment pour accompagner la voix les instruments que de Bousset possédait à sa mort : théorbe et viole de gambe.